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A tous seigneurs, tout honneur. Les baobabs détiennent bien des records, dont celui de la longévité pour les plantes à fleurs (+ ou – 5000 ans) et celui de la taille, certains arbres africains atteignant plus de 38 m de circonférence.

Si leur bois n’était pas mou et donc impropre à faire des planches ou du feu, ils auraient sans doute disparus car leur croissance est très lente. Autre particularité, le tronc se gorge d’eau et les baobabs peuvent ainsi résister à des sécheresses de plusieurs mois, en vivant sur leur réserve. Leur tronc ne présente pas les cercles de croissance annuels qui permettent de les dater avec précision (dendrobiologie), il est spongieux, l’écorce donne des fibres. Des arbres complètement creux en dedans subsistent, fleurissent et fructifient.

La fleur du Boabab

La fleur du Boabab

Le genre comprend 8 espèces

Madagascar est le pays le plus riche du monde en baobabs puisqu’il possède, à lui seul, sept espèces :
Adansonia grandidieri Baillon Adansonia suarezensis H. Perrier. Adansonia rubrostipa Jum. & H. PerrierAdansonia madagascariensis Baillon. Adansonia za Baillon
Adansonia perrieri Capuron
et Adansonia digitata L. (africano-malgache).

C’est la même espèce pour toute l’Afrique: Adansonia digitata L.
et une seule espèce aussi en Australie : Adansonia gibbosa (A. Cunn.) Guymer ex D. Baum.
La première illustration et description d’un baobab figure dans l’ouvrage de Fla-court, “Histoire de la grande île de Madagascar”, figure 143, publiée en 1658. La légende sous le n° 150, indique : “L’Anazé est un arbre qui croît aux Mahafales, aux Ampatres et à Anossi, il devient gros par le pied et se termine en pyramide. Il porte une espèce de gourde pleine d’une pulpe blanche qui est a le goût de tartre à la crème. Il y a plusieurs noyaux durs, gros comme noyaux de pin. Il y a un de ces arbres dans les Mahafales qui est prodigieusement gros et qui est creux et a une porte”. Les fruits représentés sont ovales. Il s’agit donc de Adansonia za, espèce fréquente en pays mahafale. La pulpe le bouye est riche en vitamine C. Les “noyaux” sont des graines dures. Nous avons également vu et photographié des portes découpées dans des troncs de baobabs, dans cette région.

Ouverture de la fleur de Baobab

Ouverture de la fleur de Baobab

Le genre fut créé par Linné, en 1753, en hommage à Adanson qui visita le Sénégal au milieu du 18ème siècle et rapporta une description de l’arbre, des fruits et des illustrations de Adansonia digitata L.
Un magnifique exemplaire de Adansonia digitata qui trône en pleine ville de Majunga (Mahajanga) dans le Nord-Ouest de Madagascar; il a environ 2000 ans et 21 m de circonférence mesurés à 80 cm du sol, au niveau de la barrière par Jacqueline Boiteau, en octobre 2005. Une carte postale prise en 1935, le montre sans feuilles, avec comme légende : Baobab de Majunga, vingt mètres de tour. Le second par la taille est situé à Diégo-Suarez (Antsiranana), il est plus jeune et moins gros et sert d’arbre à palabres.

Des fleurs propre à chaque espèce

Il est difficile de déterminer l’espèce des baobabs de Madagascar sans leurs fleurs. Leur port est très variable. De plus, il n’est pas facile d’étudier la biologie de ces espèces, car six mois par an, de juin à octobre, elles n’ont pas de feuilles et elles n’ont des fleurs qu’un mois environ. Par contre, les fruits restent persistants plusieurs mois. Selon les espèces, on trouve des fruits ovales (Adansonia za, perrieri et digitata), ou ronds (A. rubrostipa, madagascariensis, grandidieri) ou côtelés comme A. suarezensis.
Pour une détermination précise, il faut donc impérativement voir les fleurs qui ne sont présentes, selon l’espèce, qu’en Novembre pour Adansonia perrieri et Janvier pour les autres espèces. Les fleurs apparaissent avant les feuilles chez Adansonia perrieri. Elles sont jaune d’or. Chez d’autres espèces, la fleur apparaît après les feuilles, comme A. madagascariensis, A. rubrostipa et A. za.
Sur les 8 espèces du genre, quatre ont les fleurs blanches. Les autres sont soit jaunes, soit oranges, soit rouges. Le calice est toujours duveteux, il peut être blanc-verdâtre, brun et rouge pourpre.

– Adansonia digitata L., fl. blanche pendante ; fruit ovale.

– Adansonia grandidieri Baillon, fl. blanche dressée; fruit rond.

– Adansonia madagascariensis Baillon, fl. rouge; fruit rond.

– Adansonia perrieri Capuron, fl. jaune; fruit oblong.

– Adansonia rubrostipa Jum. & H. Perrier, fl. orange; fruit rond.

– Adansonia suarezensis H. Perrier, fl. blanche dressée; fruit costulé.

– Adansonia za Baillon, fl. orange; fruit oblong.

Adansonia digitata :Les fleurs sont grandes, elles peuvent atteindre quinze centimètres de long.
– Si les fleurs sont blanches et pendantes, elles sont pollinisées par les chauves-souris, – si elles sont dressées ou horizontales, blanches, rouges, oranges ou jaunes, elles sont pollinisées par les lémuriens ou des papillons nocturnes (David Baum 1995).

A. grandidieri et A. suarezensis ont des fleurs blanches, érigées et portées en bout des branches. Le calice est brun verdâtre à sépales enroulés, les pétales blancs enroulés, les étamines et le style blanc. Les fleurs de A. grandidieri sont plus petites que celles du A. suarezensis, avec une morphologie très proche cependant.

A. madagascariensis a des pétales rouges aussi longs que les étamines, celles-ci étant oranges, le style rouge.
A. rubrostipa et A. za ont des pétales oranges, des étamines oranges et le style pourpre. Ils diffèrent par la longueur des pétales, du tube staminal et du style. Chez A. rubrostipa, les pétales n’arrivent qu’à la moitié des étamines et le style est très saillant alors que chez A. za, ils ont à peu près les mêmes dimensions, le style dépassant à peine les étamines et les pétales. Les feuilles de A. rubrostipa ont des lobes dentelés, ce qui n’est pas le cas chez les autres espèces. Le célèbre baobab amoureux, de Monrondava à Belo-sur-Tsiribihina, appartient à A. rubrostipa.

De nombreuses confusions ont été publiées, en particulier sur le peuplement à Diégo-Suarez, au pied de la montagne des Français, le long du calvaire où deux espèces subsistent (Baum, 1995). Ces baobabs étaient la plupart du temps considérés comme appartenant à Adansonia suarezensis. Nous avons récolté et photographié les fleurs rouges au mois de janvier et avons pu déterminer ainsi avec certitude qu’il s’agissait de Adansonia madagascariensis y compris un arbre avec deux branches en croix qui figure sur de nombreuses cartes postales et sites Internet (Succulentes, 2003 p. 8) ; alors qu’au pied de Windsor Castle, il s’agit bien de Adansonia suarezensis dont nous avons trouvé au pied, les fleurs blanches et les fruits costulés. Cette dernière espèce est en voie d’extinction, plus encore que A. perrieri.
Le plus gros baobab de Madagascar, appartient à Adansonia za. Il est situé à 22 km d’Ampanihy dans le Sud (pays Mahafale) et mesure 23,38 mètres de circonférence à un mètre du sol, mesure que nous avons faite en janvier 2006. Sur une pancarte, à côté, il était écrit, de façon érronnée, circonférence de 27 m. Difficile de penser qu’il ait diminué… Il était couvert de fleurs et son tronc, de rousssettes (chauve-souris). C’est donc une espèce endémique qui bat le record de circonférence des baobabs à Madagascar. Il est daté d’environ 2000 ans, fruit ovale, à comparer avec celui de A. rubrostipa, rond.
Adansonia digitata a t-il été introduit à Madagascar et par qui ? Les Portugais découvrent Madagascar le 10 août 1500, les Arabes vers 1300, les Malgaches vers 600 (datation au carbonne). En résulte-t-il la séparation de Madagascar de l’Afrique, il y a 65 millions d’années, puisque la huitième espèce est australienne ?
Lucile Allorge
Attachée au Muséum d’histoire naturelle de Paris, unité é02, systématique et évolution.

Bibliographie

Baum David A. 1995 – A systematic revision of Adansonia (Bombacaceae). Ann. Missouri Bot. Gard. 82: 440-470.
Baum David A. 1995 – The comparative pollinisation and floral biology of Baobabs (Adansonia- Bombacaceae). Ann. Missouri Bot. Gard. 82: 322-348.
Delange Yves. 2003 – Ces géants parmi les flores succulentes : les Adansonia ou baobabs.


2 Comments

  1. Claire de Paris 16 eme
    Posted octobre 29, 2013 at 12:50 | Permalink

    Bonjour, merci pour votre site très complet sur les bienfaits et les vertus de cet arbre merveilleux qu’est le baobab.
    Savez-vous on l’on peut acheter sur internet de la poudre de baobab bio?
    au plaisir

    • fruitbaobab
      Posted octobre 29, 2013 at 12:52 | Permalink

      Bonjour,
      merci pour votre message, vous pouvez acheter de la poudre de pulpe de fruit de baobab Baomix sur la boutique en ligne Biologiquement.com
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      au plaisir de vous servir
      David

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